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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 22:55

 

arrivee-1-copie-1.jpg

 

Clop, clop, clop, clop…voilà le bruit qui me réveille ce dimanche matin.

C’est le bruit de la pluie qui tombe sur ma toile de tente.

J’ouvre les yeux et je suis heureux.

Emmitouflé dans mon duvet bien chaud, je repasse les images et réinjecte quelques-unes de mes émotions qui m’ont traversées pendant la journée d’hier.

Je savoure et c’est bon.

J’ai de la chance, oui, c’est certain, d’être là en ce moment, j’en suis conscient.

Je bouge mes jambes, mes bras, mon corps et je suis étonné car je ne ressens pas de grosses douleurs.

Le corps est vraiment une belle mécanique car hier soir, je n’étais pas dans un très bon état…

J’ai terminé mon premier ULTRA, je n’avais jamais couru autant de kilomètres, aussi longtemps.

115 kilomètres et 15h40, je suis assez fier de moi, de mon parcours car il y a 3 ans ½, je n’aurais pas pu courir 5 minutes sans m’arrêter.

 

Samedi 28 avril 2012 :

Il était donc 2h00 du matin, lorsque la sonnerie du réveil de mon téléphone retentie… il est l’heure.

Envahi par pas mal de pensées et quelques questionnements, j’avais eu un peu de mal à trouver le sommeil.

La température est douce et je sors de mon duvet sans problème.

J’enfile ma tenue préparée la veille après un léger débarbouillage.

Je rempli mes bidons et check mon équipement, puis, je me dirige vers la sortie du camping et je descends vers l’office du tourisme du Pouldu avec une dizaine d’autres trailers.

Les frontales sont opérationnelles et l’humeur est joyeuse.

Ceux qui ont déjà participés au BUT n’ont qu’un seul mot : ce trail est magique !

Wahouuuuu, ca commence bien.

Les bus sont déjà là et je grimpe dans le premier.

Certains laissent échapper des bons rires, d’autres discutent  avec une incroyable aisance alors qu’il n’est pas encore 3h00 du matin. Personnellement, je me cale au fond de mon siège et essaye de trouver une position confortable et je ferme les yeux.

Mon esprit est calme et je sombre dans un léger sommeil.

Les bus s'arrêtent 1h15 plus tard à Quelven, le lieu du départ.

J’enlève mon survêtement et mon sweat que je range dans mon sac où se trouve une tenue de rechange, ma paire de Muzino ascend 4, de la crème pour les pieds, un morceau de pain aux céréales, de la poudre isotonique et un peu de saucisson et du jambon cuit.

Mon sac sera déposé à Plouay, le point de ravitaillement  N° 4, situé à peu près à mi-parcours.

Je suis avec mon TS des ch’tis Trailers, j’ai mis mes manchons de bras qui provinnent du trail des côteaux de l’AA de l’année dernière, un corsaire Salomon, des manchons Pulse road de Sigvaris en bas, des RIOT 3 aux pieds  et un sac RL OLMO 5L.

J’ai rajouté sur ma ceinture ventrale deux petites poches et une plus grandes avec ma caméra et des barres de céréales facilement accessibles.

Un bidon d’eau plate et un autre avec une boisson isotonique.

Viens ensuite un rapide briefing des organisateurs avec des mots simples et précis puis un rappel assez appuyé en précisant bien que si nous sommes arrêtés par l’organisation pour cause de dépassement des barrières horaires, il faudra admettre que nous ne sommes pas dans un bon jour.

Nous sommes plus de 175 trailers à s’élancer à 5h00 du matin au pied de la Cathédrale de Quelven.

Il fait bon et je suis étonné par le nombre important de coureurs qui ont gardé leurs vestes, je laisse la mienne au fond de mon sac.

Le peloton est calme et peu discute car nous attaquons assez rapidement des sentiers monotraces avec déjà des successions de petites bosses.

Il fait encore bien nuit et il faut faire attention car des pierres ornent certaines portions.

Aieeeeeee !!!

Je me tords la cheville assez violemment pour qu’un crie sorte de ma bouche.

C’est cette fameuse cheville droite qui m’a fait souffrir quelque temps auparavant sur le trail St Omer – Cassel.

J’ai mal et je boite.

Nous courons simplement depuis 30 minutes !!!

Ca commence bien !

Non, ce n’est pas possible, ça va passer, calme toi, comme sur Cassel, ça va passer.

Sauf que là, je n’étais qu’au début de la course et ce n’est pas un 28 kms mais un 115 !

2 minutes plus tard, rebelote, je me tords de nouveau la même cheville droite.

Je me reprends et me reconcentre tout de suite sur le chemin.

Je réajuste ma frontale et m’aperçois que j’avais oublié d’enlever le filtre !!!!

Oui, je vois mieux maintenant (lol).

La douleur s’estompe après quelques minutes.

Je sais que j’irais jusqu’au bout.

Mais à chaque torsion de ma cheville vers l’intérieur, je ressens une légère douleur.

Embêtant mais pas insurmontable, je ferais avec, car sur sol plat tout va bien, pas de problème.

A part cet aléa, je me sens bien.

Mes jambes tournent bien et mes poumons se remplissent facilement.

Les odeurs d’humus sont agréables à respirer.

Au premier ravito, le jour commence à se lever, c’est le passage dans le village de l’an mil. Sympa, on passe sous une arche d’une maison.

Et la route se poursuit.

J’oublie ma cheville, je suis bien, je pense avoir une bonne allure.

Les groupes de coureurs se forment et de dispersent  au gré du parcours.

Le temps est clément, la température idéale, il ne pleut pas.

Par contre, nous devons traverser pas mal de passages boueux rendant les pieds bien humides.

Les ravitos 2 et 3 permettent de souffler un peu, de discuter avec les bénévoles et de faire le plein. Les tables sont bien fournies et tout le monde est aux petits soins pour nous.

J’arrive ensuite à Plouay, après un peu plus de 52 kms et 5h45 de course.

Je ne le savais pas encore, mais je mettrai plus d'une fois et demi de temps supplémentaire pour faire l'autre moitié de cet ultra !

Le parcours nous fait traverser une partie de la ville et je vois très bien dans certains regards des passants une incompréhension en nous voyant passer en courant avec un drôle d’accoutrement, tout du moins pas habituel. Je souris en moi-même, j’adore !  

L’emplacement du ravito se trouve à la sortie de Plouay.

Les personnes à la table de pointage m’indiquent que je suis le 41ème. Un sourire envahi mon visage car ça me fait vraiment plaisir.

A part la peur pour ma cheville, mon moral est bon.

Je récupère mon sac et me pose près d’une prise de courant pour recharger le plus vite possible ma montre GPS GARMIN.

Le ravitaillement se passe dans une salle d’un complexe sportif que je trouve exiguë. Un peu plus d’espace n’aurait pas été superflu.

Je passe deux coups de téléphone pour donner des news, puis  j’enlève mes running et surtout je change de chaussettes après avoir nettoyée grossièrement mes pieds et les avoir enduit  de crème anti frottement.

Après une courte réflexion, je décide de garder mes RIOT 3.

Je pense aujourd’hui que j’aurais dû les remplacer par mes ascend 4 toutes sèches et déjà bien rodées.

J’engloutie rapidement saucisson, fromage, jambon, pain complet. Les aliments sont de bonne qualité.

C’est incroyable, déjà 20 minutes que je suis ici, je n’ai pas vu le temps passer.

Je m’étais donné ¼ d’heure pas plus, tant pis, d’autant plus que je dois faire un délestage intestinal et les toilettes  sont dans un autre bâtiment.

Gloups, il y a de l’attente…

Je remets mon sac prêt à repartir après un peu plus de 30 minutes de pause.

La reprise est douloureuse, c’est à ce moment-là que je me rends compte que le chemin va être encore bien long.

Je passe quelque long moment à courir seul sans que cela me perturbe outre mesure.

C’est difficile à comprendre pour certains peut-être, mais ces longs moment à parcourir les sentiers sont de très bons moments.

Il est certain que les espaces deviennent de plus en plus importants entre les coureurs au fur et à mesure de la course. Les regroupements sont pour tous des plus agréables et des plus réconfortants.

Vers le 70ème kilomètre, je commence à avoir les premiers gros signes de fatigue. Je sens une ampoule éclairer la voûte plantaire de mon pied gauche, peu de temps après, ce sera au tour de mon pied droit.

Ca va, la douleur n’est pas insupportable.

Par contre, les montées même avec un léger dénivelée sont pratiquement toutes marchées, les mains sur les genoux où sur les hanches.

Ça devient difficile.

C’est maintenant que la vrai course commence, c’est peut être ce que je suis venu chercher.

Le ravito au Roches du Diable est magnifique.

Depuis le départ d’ailleurs, je suis époustouflé par la beauté des paysages.

Le parcours a été tracé par des amoureux de la nature. Il y a très peu de passages goudronnés.

Je suis aussi étonné par le dénivelé. Très peu de moment de répit, il faut sans cesse relancer la machine, c’est ce qui est épuisant à la longue.

Je regarde ma montre au passage du kilomètre 82,4 car c’était pour l’instant ma plus longue distance parcourue.

Je ne vais pas super bien, la fatigue prend le dessus, mon mental s’affaibli et je galère.

Sans le vouloir, je pousse des petits cris à chaque fois que je bute sur une pierre car mes articulations deviennent douloureuses.

Je ne supporte plus ma ceinture ventrale.

Avec la fatigue, j’ai l’impression qu’elle me lacère le ventre.  Je fais une pose et enlève mes trois poches accrochées à ma ceinture ventrale de mon sac pour les mettre dans ma poche principale arrière. Je range donc la caméra que je ne ressortirai plus. Je n’ai d’ailleurs plus l’énergie nécessaire pour filmer.

Ouf, ça va mieux.

Soudain, un bolide me double en m'encourageant. Il me précise qu’il fait le relai et que je n’ai pas à m’inquiéter. Ces mots simples me redonnent la patate, je retrouve un nouveau souffle.

Je fais ensuite un long bout de chemin avec un coureur  très sympa. On se relaye et le feeling passe bien.

Je le reverrai à l’arrivée embarqué par la croix rouge, mal en point, il avait tout donné.

Ce guerrier était au même camping que moi et lui était venu en moto !!!

Quel courage de repartir après une telle épreuve en moto et sous la pluie…

Nous arrivons donc ensemble à Quimperlé.

Comme à Plouay, nous traversons la ville.

Les klaxons des voitures nous encouragent, des enfants nous applaudissent, d’autres personnes plus loin aussi. Ca fait un bien fou.

Quimperlé, kilomètre 96 sur le roadbook, j’en ai 3 de plus sur mon GPS.

Je n’ai raté que 2 balises !!! Un exploit pour moi et ces erreurs n’ont pas occasionnées de grosses rallonges.

Il reste donc 20 kilomètres, un petit semi, cool  !!!

Nous repartons de Quimperlé à quatre. Deux sont amis et malgré tous ces kilomètres, ils trouvent encore l’énergie de parler. Et ils n’arrêtent pas,  je n’en reviens pas. Mais comment font-ils ???

Moi qui a du mal à aligner 2 mots de suite !!!

100 Kms sur mon GPS, yesssssssss.

Un peu moins de 4 kilomètres plus loin, ma batterie de mon GPS rendra l’âme.

La recharge d’une demi-heure à Plouay a prolongé l’autonomie jusque plus de 13 heures, pas mal je trouve !

Le temps tourne, le vent monte et des gouttes commencent à tomber.

Je ne tarde pas à mettre ma veste et remettre mes gants.

Puis, une douleur vive se fait ressentir au pied gauche.

L’impression que l’ongle de mon petit orteil se retourne à chaque pas.

Je suis obligé de changer ma foulée pour amoindrir cette douleur.

Un baliseur m’encourage et me dit qu’il ne reste que 4 kilomètres.

J’espérai moins lui dis-je !

Et je vois inexorablement des coureurs me dépasser. Si près de l’arrivée c’est un peu frustrant, mais pour moi, pour ce premier ultra, la place n’est pas le plus important.

Je sais que je vais terminer et je n’ai pas envie de me faire encore plus mal pour garder ma place.

Peu importe, je sais que j’arriverai au bout et je suis déjà heureux pour ça.

La mer est là, devant moi. Il faut descendre d'énormes marches pour parcourir quelques mètres sur le sable mou. Une dernière montée et l’arrivée est là, toute proche

C’est bon, c’est fait !

Je suis cuit, mais tellement heureux de l’avoir fait !

 

arrivee-2.jpg

 

53ème au SCRATCH sur 125 finishers en  15:40:29, 28 ème V1 sur 59.

Il y a quand même eu 55 abandons ou hors délais.

 

Pour conclure :

Le Bretagne Ultra Trail était mon premier ULTRA.

Je pense ne pas avoir choisi le plus facile car les 2500 D+ étaient vraiment bien présent et bien cassant.

Malgré mon manque de référence, je peux néanmoins dire que l’organisation a été très bonne à tous les niveaux. De l’avant course avec les infos peu nombreuses mais suffisante à une bonne préparation.

Le balisage impeccable.

Les deux fois où je me suis égaré ont été occasionnées par un manque de concentration car en pleine discussion avec d’autres coureurs.

Et comme les balises étaient nombreuses, nous nous sommes très vite rendu compte de l’erreur.

Les ravitaillements étaient de bonne facture.

Un TS technique en cadeau au retrait des dossards et un très beau TS ASICS, super classe je trouve pour les finishers, plus une bouteille de cidre.

Et un très bon plateau repas à l’arrivée.

Je conseille ce trail à tous les amoureux de nature car je pense que plus de 95 % du parcours est fait de sentiers et de chemins.  

J’ai adoré.

Merci aux organisateurs et à tous les bénévoles.

J'ai appris beaucoup de chose sur la course, aussi un peu plus sur moi.

Je ferais plus attention à la prépartion de mes pieds au prochain ULTRA et je vais consulter pour le problème de ma cheville droite.

 

Lien GARMIN vers le 3/4 du parcours enregistré avec ma GARMIN 305 : http://connect.garmin.com/player/173359073

 

PS ; Un grand MERCI à Catherine qui a attendu sous la pluie mon arrivée et  a fait des photos qui seront pour moi de merveilleux souvenirs !

 

Le BUT c’est fini, le prochain gros trail sera l’AMT (Ardenne Méga Trail) fin juin.

88 Kms avec 4 800 mètres de D+… Et je ne serais pas le seul Ch’tis Trailers !

 

A bientôt donc et merci de me suivre.

 

Nim’

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commentaires

bob le bouhellec 03/05/2012 00:20

Bonsoir
Merci pour ton compte rendu !
Heureux que tu aies terminé!
J'espère que tu récupères bien.
Reviens nous voir!
Bob, le préposé des inscriptions!

Pascal POIRIEZ 03/05/2012 19:34



Merci Bob 


Je ne comptais pas m'arrêter avant d'être arrivé à la plage du Pouldu ;)


Et je ne manquerai pas de parler de votre très belle éprenve qui j'en suis certain va prendre de l'ampleur.


Je récupère tranquille, je viens de grimper le Ventoux (à vélo quand même) par Malaucène, cool !


Merci encore et bonne continuation.



christine 01/05/2012 15:34

salut p'tit frère,
c'est avec bcp d'attention et d'émotion que j'ai lu le récit de ta superbe aventure. je t'envie énormément d'avoir eu cette persévérance,cette volonté, ce courage car je sais que je n'y serai
jamais arriver. J'honore avec bcp de respect ta persévérance. repose toi bien p'tit frère, je t'envoie des gros bisous et je te souhaite un joli 1er mai bisous christine

Pascal POIRIEZ 03/05/2012 19:30



Merci Christine, c'était effectivement un grand moment.


Rien n'est impossible si l'on est bien préparé !


A bientôt.



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  • : Le blog de Pascal P.
  • : J'aimerais vous faire partager mes tranches de vie concernant mes préparations à certaines courses natures, trails, ultras, OFF, ou tout simplement mes entrainements... Partager aussi mes humeurs du moment, mes passions, mes envies, mes émotions, mes craintes aussi peut être. Je fais parti de l'association des "Ch'tis Trailers" (chtis.trailer.free.fr/), d'ou la deuxième partie de mon pseudo, Nim étant la première par rapport au pseudo utilisé sur un autre forum bienfaiteur !
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Je fais surtout des trails et je m'oriente maintenant plus vers les ultras...
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